Nous ne dispensons pas de Vérité, nous la cherchons sans cesse.Celle-ci est définie, justifiée par ce que contiennent nos Degrés ultimes, mais elle aussi proposée dès le premier Degré, dès les premiers moments de présence dans notre Temple, et elle est même proposée aux profanes qui viennent taper à sa porte.

C’est ce qui fait notre spécificité, notre personnalité dans un monde maçonnique qui aujourd’hui se cherche et souhaite retrouver une dimension autre que celle finalement assez réductrice de vouloir s’améliorer, même si ambitieuse et en réalité rarement atteinte.

Mais alors que devrait être la Maçonnerie ?

Surtout pas un substitut à une religion ni à un parti politique ! ce qui devrait relier ensemble les Maçons c’est une commune recherche, une utilisation de tous les moyens perceptifs, intuitifs et intellectuels dans le but d’essayer de percer l’énigme du monde visible et invisible, c’est un effort pour comprendre la nature profonde de l’homme et son rôle dans l’ordre cosmique, afin de pouvoir mieux remplir ce rôle collectivement et individuellement. Le Maçon participerait ainsi activement à l’œuvre de la création intellectuelle. Il accélèrerait sa propre évolution. Ce lien d’une commune découverte qui devrait unir entre eux les Maçons ressemblant davantage à celui que la science crée entre les savants du monde moderne qu’aux divisions quelque peu artificielles de croyances héréditaires qui divisent les religions.

Le contraire du savoir c’est la croyance. On croit à ce que l’on ne sait pas. Pire, comme le disait St Augustin, Credo quia absurdum   ( je crois parce que c’ est absurde ). Le dogme, par sa nature même, est une affirmation d’ignorance. Le but de l’homme est de savoir, d’arriver par tous les moyens dont il peut disposer, fussent-ce les plus intuitifs, à pressentir puis à réaliser la nature du monde et de ses aspects transcendants, sans jamais créer de barrière d’une définition trop précise, d’un dogme qui ferme la porte à une perception plus profonde ou un concept plus abstrait. Toute définition du monde sensible du cosmos ou du surnaturel prend nécessairement la forme d’une hypothèse, valable seulement jusqu’à un certain point.

 

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Les textes qui cachent les réponses, ou plutôt les approches de réponses pour utiliser une des traductions du mot Upanishad, sont nos Rituels.

Car même lorsque l’on croit y découvrir des réponses celles-ci ne peuvent constituer des vérités absolues puisqu’elles sont transmises par l’intermédiaire de mots, c’est-à-dire à travers des outils qui appartiennent essentiellement au domaine du relatif. Une telle attitude doit conduire le Maçon à une conception morale et sociale très différente de celle des autres hommes.

Tout Maçon a une double fonction : en tant qu’individu, il doit réaliser sa destinée spirituelle, et, en tant qu’élément appartenant à un groupe particulier, il a une destinée collective, il doit assurer la transmission de la Tradition et collaborer à la formation d’un cadre dans lequel la transmission peut favorablement s’accomplir.

Et ce sens, cette orientation est très éloignée de ce que la majorité des Loges fait, même si certaines déclarent travailler selon nos Rites.

Cela peut sembler remettre en cause les fondations mêmes sur lesquelles s’est construite la Maçonnerie dite universelle. Mais en y regardant de plus près, aujourd’hui ce qui est considéré majoritairement comme la façon unique de vivre la Maçonnerie est surtout le résultat d’une construction récente, celle qui s’est donnée le nom de Maçonnerie adogmatique, et qui a trop souvent abandonné toute dimension spirituelle, et quelquefois même les fondamentaux du rituel, et qui ne s’intéresse plus qu’à la Société profane et à ses combats politiques.

C’est de celle-ci dont nous souhaitons nous éloigner. Mais nous ne dédaignons pas la science moderne et, par exemple, la physique quantique peut, très souvent, proposer des réponses à nos interrogations, comme d’ autres théories aussi surprenantes que celle de l’holoparticule.

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